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Quelques textes pour alimenter le débat

Talisman de Gandhi

La non-violence, pourquoi ?

La violence est en nous

Talisman de Gandhi

« Je vais vous donner un talisman, quand vous serez dans le doute ou quand votre moi s'imposera trop, appliquez le test suivant :

Rappelez-vous la face de l'homme le plus pauvre et le plus faible que vous ayez rencontré et demandez-vous si l'acte que vous envisagez lui sera utile. Va-t-il y gagner quelque chose ? Cela va-t-il lui rendre le contrôle sur sa propre vie et sa destinée ? Autrement dit, cela va-t-il conduire au Swaraj les multitudes qui ont faim dans leur corps et dans leur esprit ?

Alors vous verrez vos doutes et votre moi se dissiper. »

M. K. Gandhi

La non-violence, pourquoi ?

La première réponse est donnée par le mot lui-même : c'est pour dire « non à la violence » !

  • D'abord et tout simplement, parce que la violence, ça fait mal ! Ça fait mal de la subir, ça fait mal de voir les autres la subir, ça fait mal de l'exercer. Ce dernier point est évidemment mal accepter, mais nous y reviendrons.
  • Ensuite l'expérience montre que la violence ne résout les problèmes que provisoirement et en surface. Et même elle les aggrave car elle fait des victimes qu'on enferme dans le malheur ou qui s'anéantissent dans la résignation.
  • Pourquoi dire non à la violence ?

Gandhi disait  : « Parce que la fin est dans les moyens, comme l'arbre est dans la semence, et aussi sûrement que la roue du char suit le pas du boeuf. » On ne peut récolter que ce que l'on a semé.

Le premier pas de la non-violence est un refus. Le deuxième est un choix.

La réponse la plus courante : la non-violence, c'est une autre manière de régler les conflits, par le dialogue, par la contrainte sociale ou morale, qui va du jeûne à la désobéissance civile, en passant par l'information, les manifestations, etc. Dans cet «etc.», je mets toutes les actions ou les résistances significatives qu'on a pas fini d'inventer car elles varient suivant les situations et selon les hommes qui s'affrontent.

Car les hommes s'affrontent, et s'affronteront toujours, inévitablement, ne serait-ce que pour arriver à s'ajuster.

Derrière les moyens que nous utilisons pour résoudre les problèmes ou les conflits, il y a une attitude intérieure profonde qui a prise sur nous et détermine nos choix, mais sur laquelle nous avons aussi prise. En effet, ce que nous sommes nous fait agir, mais ce que nous faisons nous transforme.

Nous voyons bien que nous n'avons pas le pouvoir de changer le monde. Mais nous avons celui de nous changer nous-mêmes et chacun de nous est une parcelle du monde. Si nous changeons, il y a quelque chose de changer dans le monde. Nous avons aussi presque toujours la possibilité de changer des choses autour de nous.

  • Encore faut-il voir clairement ce qui ne va pas, avec lucidité et sans complaisance.
  • Encore faut-il avoir le courage de prendre nos responsabilités et de nous engager, ce qui veut dire se donner en gage, donc accepter de payer le prix.
  • Encore faut-il ne pas désespérer devant l'énormité de la tâche, mais se persuader que l'impossible est quelque fois le plus probable.

La violence est en nous

N'avez-vous jamais remarqué que nous oscillons entre deux manières de regarder les autres?

Il y a ceux que nous possèdons : mon mari, ma femme, mes enfants, mon docteur, mon coiffeur et dont nous pouvons tirer quelque profit pour notre plaisir, notre portefeuille, notre avancement, notre gloire.

Il y a par contre tous ceux qu'il faut bien bousculer un peu (en douceur si possible) pour les mêmes raisons. Il y a tous ceux qui nous déplaisent ; il y a ceux qui nous sont indéfférents, ce qui est une manière de les écarter.

Reconnaissons qu'ils sont plutôt rares ceux que nous regardons véritablement en frères.

Il faut dire cependant que ni la possession, ni le profit, ni la domination est un mal en soi. Il est légitime de posséder sa maison, ses meubles, son outil de travail. Il est juste de tirer profit de son travail et à en savourer les fruits. Il est normal d'avoir des responsabilités et de dominer les situations et les choses. Nous n'avons pas à nous culpabiliser de ressentir en nous ces trois désirs.

Un sentiment n'est pas coupable. C'est ce que nous en faisons qui est bon ou mauvais.

Les choses se gâtent quand ces désirs naturels deviennent notre souci majeur car, alors c'est nous qui sommes possédés, dominés et exploités. Les choses se gâtent si quelqu'un ne peut avoir accès à la propriété ou tirer un juste revenu de son travail (quand il n'est pas condamné au chômage !) ou quand quelqu'un n'a aucune prise sur les décisions qui le concernent.

Il en résulte inévitablement des situations d'injustice et de frustration qui vont engendrer des conflits et des révoltes, voire la désespérance. D'où la peur qui incite à mettre en place tout un système de protections qui vont du simple verrou sur la porte jusqu'à la bombe atomique, en passant par la police, l'armée, les lois qui entérinent des situations d'injustice, l'appareil judiciaire qui défend ces lois, les corporatismes qui défendent les privilèges, etc. sans oublier le bon droit et la bonne conscience.

Bref, tout l'arsenal de la violence des justes, celle que Don Helder Camara appelle la violence-mère parce qu'elle engendre toutes les autres.

Et certes, les hommes étant ce qu'ils sont, ce n'est pas simple de rompre cet enchaînement là. Quel maillon de la chaîne allons-nous briser ? A quelle violence allons-nous dire non ? Non, ce n'est pas simple de rompre l'enchaînement, mais c'est possible ! Pourquoi ? Parce que la non-violence est en nous !


« La mort attrape d'abord ceux qui courent. » Lao-Tseu « La bêtise et la force sont les armes des faibles. » Un lycéen « Les marginaux sont les ramoneurs du conformisme. » André Larivière
Dernière modification : 17.06.2008
M'écrire (attention: supprimer les espaces) © Yann FORGET 1997-2008